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Nous considèrerons ici l'enfant au dessus de 3 ans, car en dessous de cet âge, il y a les sujets qui ne leur parlent pas encore ...
Vous trouverez les thèmes adaptés aux moins de 3 ans dans "le coin de la Petite Enfance"

Les personnages ou les contes eux mêmes peuvent incarner tour à tour, la toute puissance, l'accès à l'autonomie, la pensée animiste, la quête d'identité, la rivalité fraternelle, l'abandon, la séparation, l'éveil de la sexualité, le principe de plaisir et celui de réalité, les différentes facettes de la personnalité, la dévoration, la question de l'origine des choses et de leur devenir, le chaos primitif de toute chose et de tout être, le complexe d'Oedipe, la question de la bonne et de la méchante mère, le besoin de limites et de lois, les peurs, les angoisses, les phobies, le besoin de magie, et mille et une autres choses...

"Les enfants sont attirés par des contes qui éclairent leurs propres faiblesses : la peur d'avoir faim, l'angoisse de la séparation, les terreurs nocturnes, la hantise d'être abandonné et dévoré : tels sont les grands enjeux de leur existence. Contrairement au conte de fées classique dont le cheminement va de la désintégration d'une famille sérieusement perturbée à la fondation d'une nouvelle union baignant dans la félicité, les contes de fées pour enfants ramènent leurs héros et leurs héroïnes chez eux, éliminant le plus souvent le méchant parent fauteur de troubles ou présentant des parents sincèrement contrits et ivres de joie lorsque leurs enfants reviennent à la maison. Dans Hänsel et Gretel des frères Grimm, les enfants se jettent au cou de leur père, devenu veuf entre-temps. Les parents du petit Poucet se "réjouissent" de son retour et l'accueillent "à bras ouverts"." Article de la BNF.

Sans oublier que : "A l'oreille de tous les enfants, "Maman" est un mot magique." (Arlene Benedict )


Voici donc quelques thèmes et personnages de prédilection :

Les géants :
Ils ont un rapport direct avec le désir et le fait de grandir. Ils sont de l'ordre de l'immense, de l'énorme... et de la peur!
D’après Bruno BETTELHEIM, au sujet des adultes : "Nous apparaissons à nos enfants comme des géants menaçants, ce que nous sommes bel et bien dans la réalité, [...] des géants égoïstes qui désirent garder pour eux-mêmes toutes les choses merveilleuses qui nous donnent le pouvoir [...]. Les histoires rassurent les enfants. Elles leur montrent qu’en grandissant, ils deviennent eux-mêmes des géants et acquièrent les mêmes pouvoirs."
Les géants dans la littérature jeunesse (par Marie-Odile Lefebvre-Condamin)
Les Géants sur Euroconte Traite de l'origine des géants suivant différentes cultures.

Les ogres :
"Je t'aime tellement que je te mangerais !" - "Tu es belle à croquer !" - "d'une passion dévorante"
Qui n'a jamais joué à "manger" un tout jeune enfant provoquant à chaque fois la jubilation de ce dernier ??
Orges et parfois Ogresses incarnent pleinement le fantasme de la dévoration. Le désir de manger et d'être mangé. Ils se nourrissent de chair humaine qu'ils préfèrent "fraîche".
L'enfant sait que l'Ogre est malgré tout vulnérable s'il trouve plus malin que lui...mais qu'est-ce qu'il fait peur !!
Ils sont, suivant les cultures, Le Troll de Norvège, la redoutable Yamamba japonaise, la Tseriel berbère, la Baba-Yaga russe,...
Rien qu’ en France, il existe de nombreuses variantes régionales de l’ogrerie, tel le Sarrazin breton ou le Tartaro basque.
On est prié de ne pas confondre tout de même, un "croqueur" et un "avaleur".
Le "croqueur" à l'aide de son couteau ou de ses grandes dents va déchiqueter la victime.
"L'avaleur" va engloutir le personnage, sans mâcher, tout rond, et le retenir captif pour un temps au sein de son "ventre-prison". L'intérieur y est d'ailleurs souvent chaud et confortable, comme si une maturation s'opéraient avant une novelle naissance, une métamorphose. Ainsi le héro en sortira grandi.
Les Ogres ou "ça sent la chair fraîche" (par Céline Murcier)
Article paru dans "la lettre Didier Jeunesse" de février 2002
La symbolique de l'ogre, pour les enfants.
Ogres et nains, ogresses et diables (site de la BNF)

Les sorcières :
Attention, la sorcière se transforme à volonté. Elle est la face cachée de toutes les femmes qui entourent l'enfant. Et en ce sens elle les fascine autant qu'elle les terrorise.
Ainsi la sorcière qui invite Hänsel et Gretel leur apparaît-elle au premier abord comme une charmante grand-mère qui leur offre "du lait et de l’omelette au sucre, des pommes et des noix" dans sa maison de pain d’épices.
Méfiez-vous, elle peut être parfois ogressse.
Réflexions de conteuse sur les sorcières (par Marie-Claire Desmette )
Fées et sorcières, magiciens et enchanteurs (site de la BNF)
La symbolique de la sorcière, pour les enfants.


La Mort :
Très tôt les enfants s'interrogent à propos de la mort, ils y sont parfois confrontés avec le décés d'un grand parent, d'un animal,...
La mort est présente dans les Contes pour enfants. Le Petit Poucet et ses frères risquent de mourir à plusieurs reprises. Le méchant meurt à la fin. C'est la mort de leur mère qui permet à Cendrillon et à Blanche Neige de devenir héroïne après bien des épreuves.
"Quand sonnera-t-on la mort du sonneur ? Dire la mort simplement (par Evelyne Resmond-Wenz)
Article paru dans "la lettre Didier Jeunesse" d'octobre 2003

Les animaux fantastiques et créatures mythiques :
Les dragons
Les licornes
Les sirènes
Théorie sur les animaux fantastiques, sur le site de la fée clochette
A la recherche des créatures mythiques : la bête du Gevaudan, la licorne, les dragons ...
Le bestiaire fantastique de la BNF

Les animaux :
Les contes d'animaux sont très présents dans les contes pour enfants. L'animal y revêt les qualités et les défauts de l'Homme. Il est pourvu de fait de la parole et de la pensée humaine.
Depuis longtemps, les contes d'animaux ont été définis comme des contes de la force et de la ruse.
La pensée animiste de l'enfant rend ces personnages très proches de nous ce qui favorise l'adhésion à l'histoire et l'identification .

Les monstres :



Même si l’homme ne croit plus aux monstres, il existe toujours ce besoin de les faire vivre et de les défier symboliquement.
Le petit enfant lui, à leur évocation, va apprendre progressivement à surmonter ses peurs.
Etres hybrides, ces monstres exercent sur l’homme un pouvoir constant de fascination - répulsion. Ils sont ses compagnons de tous moments et de toujours.

Le Loup :
Traditionnellement, le loup apparaît comme un personnage cruel, dont le menu préféré se compose d'enfants égarés, de préférence seuls, perdus , abandonnés.
Il apprécie également certains adultes, comme les grands-mères ainsi que les animaux plus faibles que lui. L'enfant lui, est certain dès le début du Conte, qu'il sera vaincu...mais il en doute.
En ce qui concerne le loup, les héritiers Freudiens et Jungiens semblent se rejoindre pour attribuer au loup des contes de fées les pulsions dites « animales » c’est-à-dire dévorantes et sexuelles, ainsi que des instincts primaires tels que la colère, la cruauté, la jalousie… L’analyse Freudienne assimilera le symbole du loup au « ça ». Jung, quant à lui, y verra une image archétypale : « l’ombre et le mal ». Dans les deux cas, il s’agit d’une part de l’homme refoulée, celle qui, liée au corps, justement, s’oppose à la raison, ou plutôt au culte de la rationalité, tel que pratiqué dans nos sociétés occidentales.

Vous trouverez sur ce site par Olivia Colombel (Université Lille III, 1997), un parallèle entre le loup des contes et celui de la réalité.

La symbolique du Loup, pour les enfants.

La forêt :
Elle est le chaos primitif, l'endroit où tout est encore à l'état sauvage. Elle est son propre monde d'enfant en friche et inachevé. Elle fait peur. On s'y perd. Il va falloir à l'enfant beaucoup de courage, de persévérence et de désir de vivre, pour la traverser, pour "la dompter", pour en sortir...grandi.
Le symbolisme de la forêt dans les contes par Célia Ricard (Master S.I.D, 2003)

Sombre et dangereuse, la forêt est caractéristique de l'univers des contes. Lieu d'initiation et de mise à l'épreuve par excellence, elle confronte héros et héroïnes avec le mal, la mort et le surnaturel.

La forêt, lieu d’initiation :
Lieu ouvert, sombre et dense, qui inspire la crainte et l’effroi, peuplé d’animaux cruels (loups) et d’êtres barbares qui se repaissent de chair fraîche (ogres), la forêt brouille tous les repères du héros ainsi que ceux du lecteur-auditeur qui retrouve ses terreurs enfantines. Car la forêt renferme bien des pièges, sous la forme d’un asile trompeur comme cette maison de pain d’épices sur laquelle se précipitent Hänsel et Gretel mourant de faim, sans entendre la petite voix de la sorcière qui les prévient, sur le mode de la ritournelle enfantine : "Grigno, grigno, grignoton / Qui grignote ma maison ? " De même, Blanche-Neige trouve refuge dans la maison des sept nains, mais il s’agit d’un asile factice où sa marâtre a tôt fait de la retrouver. Car la forêt, rarement décrite, est aussi un lieu d’initiation. C’est en la traversant que Blondine échappe au cruel magicien de la forêt des Lilas pour trouver refuge auprès de Bonne-Biche et de Beau-Minon (comtesse de Ségur). Le Petit Poucet, vainqueur par deux fois des pièges de la forêt, en sort grandi et transformé, sinon en taille du moins en maturité. Une nouvelle fois, le héros ne triomphe de l’épreuve que lorsqu’il en sort, c’est-à-dire lorsqu’il trouve le moyen de franchir cet espace faussement accueillant ou franchement hostile.

(tiré d'un article de la BNF)

Le petit peuple :

Encyclopédie féérique : sur le site d'Astyanax.

Une présentation du petit peuple, et une galerie d'images sur "Tikaos".

La tanière de Guerwic Retrouver membres du petit peuple breton.

Les fées :
"Lorsqu'au début des temps, le premier bébé du monde éclata de rire pour la première fois, son rire se brisa en mille morceaux qui se transformèrent en fées."
Elles peuplent la tradition populaire depuis longtemps. Leur noms viendrait de fata en latin, c'est ainsi qu'on nommait les déesses qui se penchaient au dessus du berceau du nouveau-né pour déterminer son destin.
"...Quand on a recours aux fées, on peut obtenir des faveurs qui dépassent fantastiquement les puissances humaines.
Il y a de bonnes et de méchantes fées, il y en a de jolies et de laides. On peut les rencontrer sous l'aspect de pauvres femmes ou de personnes riches; il y en a dans les bois comme dans les palais enchantés. Cela semble exactement la projection idéalisée de l'enfant vivant au milieu des adultes.
Il y a des fées vieilles comme les grand-mères, et jeunes et belles comme les mamans; il y a des fées habillées de haillons et des fées vêtues d'or, comme il y a des mamans pauvres et des mamans riches, avec de splendides robes de soie, et toutes gâtent les enfants... " (Maria Montessori - La place de l'enfant parmi les hommes)

Les fées : Le petit manuel pratique de Faerie ou comment cotoyer le petit peuple et devenir elficologue !
Théorie sur les fées, sur le site de la fée clochette

Les Lutins et les Gnomes :


Toutes les familles de lutins en fonction de leur lieux de vie.

Quelques images de lutins

Les individus du pays de féérie.

Les Elfes :
Qui sont les elfes?
Si vous avez vraiment envie d'en savoir davantage : L'encyclopédie des liens féériques (Attention, il y a là du bon, du moins bon et du n'importe quoi.)

Les pirates:
Une conteuse me dit un jour.... Et les pirates !!!
En effet, comment ai-je pu oublier ce sujet qui passionne les garçons, le plus souvent. Peut-être parce que les pirates sont des personnages ayant réellement existé. Mais c'est probablement leur dimmension symbolique qui les attire, tout comme les loups ou les chevaliers ou les princesses. Il y a dans tout personnage existant, une réalité et une dimmension imaginaire.
L'aventure, la liberté, l'affirmation du petit mâle viril, voici probablement des pistes de cette fascination.
Si vous cherchez quelques renseignement sur l'univers de la piraterie http://www.encyclopirate.com/



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